La fin de carrière de Mariano Puerta a sonné. La commission antidopage de la Fédération internationale de tennis a en effet reconnu, mardi, que l'Argentin avait enfreint le règlement après avoir été contrôlé positif à un stimulant, l'etiléfrine, à l'issue de la finale de Roland-Garros perdue face à Rafaël Nadal le 5 juin dernier. Agé de 27 ans, l'Argentin, qui n'a jamais reconnu avoir pris de produits interdits, tombe donc pour la deuxième fois après sa suspension de neuf mois entre le 1er octobre 2003 et le 1er juillet 2004. Cette-fois-ci, le tricheur ne reviendra pas...
Il a eu beau faire comme si de rien n'était, se refuser à tout commentaire depuis son contrôle antidopage positif effectué au soir de la finale de Roland-Garros le 5 juin dernier, son plus grand fait d'arme, Mariano Puerta n'a convaincu personne. En tout cas pas la Fédération internationale de tennis. Celle-ci a en effet décidé, mardi, de suspendre l'Argentin pour une durée de huit ans après que les trois juges de l'ATP réunis à Londres les 6 et 7 décembre ont décidé de valider le résultat positif de l'échantillon B du joueur de Buenos Aires. Une sanction lourde dans l'absolu mais clémente dans la mesure où Puerta, récidiviste, risquait une suspension à vie. Le joueur a désormais trois semaines pour faire appel.
Depuis l'annonce de cette affaire le 5 octobre dans les colonnes du quotidien L'Equipe, l'Argentin avait toujours refusé de plaider coupable. Plutôt que d'invoquer un éventuel vice de forme, l'Argentin a préféré se murer dans le silence. Si bien que de passage au Brésil la semaine passée, le gaucho, après avoir perdu en finale du tournoi exhibition de Copacabana face à Gustavo Kuerten, se projetait avec une déconcertante décontraction vers l'horizon 2006. Dommage pour lui, il ne pas en Australie en janvier pour le coup d'envoi de la prochaine saison.
Son retour au sommet s'explique...
Agé de 27 ans, Puerta aura 35 ans au moment de la levée de sa suspension. Autant dire que sa carrière professionnelle a pris fin. Si, après une première suspension contractée entre 2003 et 2004 pour prise de clenbuterol, un stéroïde anabolisant, en janvier 2003, la sanction à vie semblait logique et attendue en vue du règlement de la FIT, les huit ans de mise à l'écart infligés ne changent pas grand chose pour le moment. Vainqueur à Casablanca cette saison, finaliste à Buenos Aires ainsi qu'aux Internationaux de France, le gaucho avait fait un retour remarqué en début d'année après avoir plongé dans les profondeurs du classement suite à sa première suspension.
Spécialiste de la terre battue s'il en est, le gaucher, après une période de doute, avait repris le chemin de l'entraînement avec entrain. Reste que son retour en grande forme et la transformation de sa silhouette, une quinzaine de kilos superflus en moins lors de son retour en janvier dernier à Vina del Mar, n'était semble-t-il pas dû qu'aux heures passées sur le court de tennis ou en salle de musculation.
Bîmes: "Les procédures sont trop longues"
Si tôt la décision annoncée, la Fédération française de tennis s'est félicitée de la sanction attribuée à Puerta par le tribunal de la FIT. Mais, comme le souligne le président Christian Bîmes, elle souhaiterait la réduction du délais de procédure la mise en place d'une suspension provisoire lorsque l'échantillon B d'un joueur confirme la positivité de l'échantillon A. "Actuellement, une procédure dure plus de six mois. En 2006, ce délai devrait être ramené à 3-4 mois, ce qui apparaît encore trop long. Par ailleurs, lors de la réunion du Comité du Grand Chelem qui s'est tenue à New York, pendant le dernier US Open, ainsi qu'à la réunion de Shanghai récemment, j'ai également exprimé mon regret qu'un joueur ou une joueuse sous le coup d'une procédure puisse continuer à jouer."
L'Argentin a en effet pu prendre part sans vergogne à la fin de la saison, se qualifiant même pour la Masters Cup de Shanghaï après les multiples forfaits qui ont touché les meilleurs joueurs mondiaux début novembre. Et même si Puerta va devoir rendre tous ses gains obtenus depuis Roland-Garros (275 770 euros) ainsi que ses points ATP, le fait qu'il ait pu continuer à jouer sur le circuit a tout simplement faussé les tournois auquel il a participé. Ses adversaires vaincus se fichent sans doute que l'Argentin perdent ses gains et ses points et ruminent certainement plus d'avoir dû faire face à un tricheur récidiviste.
"La mise en place d'une suspension provisoire permettrait de remédier à ce type de situations très dommageable pour notre sport. Avec un tel système de sanctions provisoires, Mariano Puerta n'aurait pas pu participer aux tournois de fin de saison, et notamment au BNP Paribas Masters, ainsi qu'au Masters de Shanghai", poursuit Christian Bîmes. La lutte antidopage continue de progresser. Mais toujours à petits pas...
source:Sports.fr




